Le blog de l'éco-conception

L'éco-conception, une démarche de progrès continu

L’éco-conception et la cosmétique lundi, 31, mai, 2010

Des tendances à l’éco-conception

Selon le guide RSE et initiative durable dans l’industrie de la beauté 2010 publié par Organic Monitor, l’emballage, dont l’impact environnemental est élevé, est l’un des principaux axe d’amélioration des entreprises en termes de réduction d’emballages, de revalorisation, de réduction du poids, ou de nouveaux matériaux d’emballage tels que les biopolymères et les bambous.

Ce rapport montre que « les entreprises de cosmétiques naturels et biologiques sont celles qui ouvrent la voie en matière de RSE et de développement durable »

D’autre part, une enquête réalisée par EskoArtwork, Adobe et l’International Packaging Institute (IPI) en 2009 révèle que les motivations-clés pour le développement d’emballages durables sont :

  • la demande des consommateurs (70%),
  • les réglementations et la législation (64%),
  • les exigences des distributeurs,

84% pensent que les « contraintes environnementales et sociologiques entraîneront des « changements significatives » (63%) ou « de nouvelles orientations incontournables » (21%).

Par ailleurs, PCD 2010 marque LE rendez-vous des experts des conditionnements Parfums et Cosmétiques. Il s’agit de la 6ème édition de PCD (Parfums, Cosmétiques & Design) dédié à l’innovation packaging. Plus de 1.200 représentants de marques internationales leaders et fournisseurs d’emballages se sont réunis en janvier 2010 autour des derniers développements en termes d’innovations et de développement durable.

Ces tendances en faveur de l’éco-conception marquent une évolution du secteur des cosmétiques : de plus en plus d’entreprises intègrent la dimension environnementale dans leur stratégie.

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L’éco-conception dans le textile vendredi, 9, avril, 2010

Premier déchet à avoir été collecté pour être réutilisé, le textile usagé a d’abord fait l’objet de partenariats entre les entreprises de recyclage et des associations caritatives. Avec nos sociétés de consommation, les textiles ont soulevé de nouvelles problématiques de recyclage et de gestion des déchets.

Des entreprises font ainsi le pari de produire des vêtements éco-conçus et développent des partenariats avec des opérateurs de tri. Un éco-organisme a même vu le jour pour pérenniser la filière des textiles en fin de vie et des déchets issus de ces produits et développer la collecte sélective.

Les entreprises produisent des vêtements éco-conçus

    L’utilisation du bambou

Rsksocks fabrique au Portugal des chaussettes et même des chaussettes de téléphone portable Ipod à partir de coton recyclé, limitant ainsi leur impact CO2 et réalise ses emballages et présentoirs en matières recyclées. Plusieurs gammes sont proposées :

  • coton 100% recyclé,
  • bambou, une matière naturelle caractérisée par un aspect doux et soyeux avec une capacité d’absorption des vertus antibactériennes et hypoallergéniques,
  • classique,
  • sport,
  • sécurité,

Dans le cadre d’un programme de R&D soutenu par l’ADEME, l’entreprise Kindy a développé la gamme de chaussettes éco-conçues « Naturaïa », à base de fibres de bambou, de coton biologique, et produite avec des couleurs obtenues par des processus naturels. Il s’agit des produits de la marque qui se développent le plus vite et représentent après quelques mois de lancement 6% du chiffre d’affaire de l’entreprise, permettant ainsi à Kindy de maintenir une partie de la fabrication des chaussettes en France.

Pour ses gammes de vêtements, Raidlight, entreprise spécialisée dans la fabrication de matériel et d’équipement pour sport outdoor, a choisi de mettre en avant la technicité pour le sport avant le « bio » avec également la fibre de bambou ou du polyester recyclé dans sa production. La fibre de bambou possède les mêmes caractéristiques de base qu’un polyester classique, comme la respirabilité, l’évacuation, et apporte des avantages supplémentaires (naturellement anti-bactérienne, protection UV…).

Raidlight a également misé sur une démarche vers l’éco-responsabilité en orientant ses axes de développement sur des solutions polluant moins pour les organisateurs de randonnée ou de trail en adaptant ses produits pour tracer des parcours sans matière plastique par exemple ou pour ne plus utiliser de gobelets aux ravitaillements. Son sac ventral, trophée « Coup de cœur » de l’Innovation Bref Rhône-Alpes et sa « Plate-forme web 2.0 » ont d’ailleurs été récompensés respectivement d’un janus de l’industrie en 2008 et d’un janus mention « Eco-design » en 2009.

    Une démarche innovante et transparente

De son côté, Patagonia propose une collection utilisant du polyester recyclé provenant des bouteilles plastiques, ce que peu de marques utilisent pour leurs polaires en raison de son coût. Son partenariat avec Polartec®, leader mondial dans la conception et la fabrication de tissus techniques a permis à la marque Patagonia de recylcer 92 millions de bouteilles plastiques PET, économisant ainsi « l’équivalent d’un baril de pétrole (168 litres) » pour la fabrication de 150 pulls (3700 bouteilles recyclées).

Pour l’éco-conception, « plus de 70% des produits des produits sont élaborés à base de fibres écologiques, coton bio, polyester recyclé, laine traitée sans chlore ou chanvre« , selon Isabelle Susini, responsable environnement chez Patagonia.

Son site web propose par ailleurs de pouvoir connaître l’empreinte écologique de ses vêtements avec la distance parcourue, les déchets générés, les émissions de CO2, le trajet des matières premières, l’assemblage final du produit et sa distribution.

    L’éco-conception plutôt pour les textiles sportifs ?

Composé de déchets (cuir, mousse, caoutchouc…) provenant de ses propres usines ou du programme de récupération des chaussures usagées, le « Nike Grind » matériau est utilisé dans le programme Nike Reuse-A-Shoe de la marque Nike pour faire des terrains de sport, des aires de jeux et même des nouveaux produits comme des chaussures et des vêtements, comme les baskets Nike Trash Talk, livrées dans une boîte en carton 100% recyclé. Plus de 24 millions de paires de chaussure ont ainsi déjà été recyclées. La marque a lancé un programme d’Eco-Design « Nike Considered » qui devra s’appliquer à l’ensemble de la collection Nike d’ici 2011. La Nike Air Jordan XX3 s’inscrit déjà dans ce programme visant à diminuer les déchets lors de la production mais aussi à utiliser des éco-matériaux.

Quant à Lafuma, les initiatives d’éco-conception sont multipliées (voir notre article L’exemple de Lafuma) pour consommer moins de matières, moins d’énergie, moins de déchets pour fabriquer des produits plus durables, plus polyvalents, plus sûrs et plus confortables, améliorant ainsi conjointement la productivité et le développement social. Lafuma utilise ainsi de plus en plus la polaire recyclée qui aujourd’hui correspond à 50% de son marché. Il s’agit d’un produit éco-conçu emblématique pour la marque qui a fait l’objet d’une opération de recyclage en partenariat avec Go Sport : en rapportant une polaire usagée dans un magasin Go Sport, un bon de 5€ était offert pour l’achat de la polaire « Green » Lafuma, en matière recyclée et la polaire usagée offerte aux plus démunis ou entièrement recyclée par Ecotextile, un specialiste du recyclage textile. La veste de protection pour la pluie est un autre produit textile Lafuma éco-conçu réalisé en membrane polyester recyclé, avec un tissu extérieur et une doublure en polyester recyclé. Ce produit présente le même niveau de performance en termes d’imperméabilité et le même prix qu’un produit non éco-conçu équivalent sur le marché.

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Etat des lieux sur les DEEE vendredi, 4, janvier, 2008

La directive DEEE (déchets d’équipements électriques et électroniques ménager) repose sur le principe de responsabilité élargie des producteurs d’équipements électriques et électroniques qui ont l’obligation de prendre en charge l’élimination des équipements une fois ceux-ci usagés.

Mise en place depuis le 15 novembre 2006, la filière européenne DEEE vise à réduire la part de déchets dangereux qui est en forte croissance. La mise en œuvre d’une organisation spécifique au recyclage de déchets est rendue nécessaire par la dangerosité ou la toxicité de certaines substances qu’ils contiennent et l’impact très important sur l’environnement de l’exploitation de matières premières entrant dans leurs compositions.

Cette filière fait écho à la directive européenne du 27 janvier 2003, qui traite aussi bien de la conception des produits en amont (RoHS) que de la collecte et des modes de traitement des déchets avec comme objectif, un taux moyen annuel de collecte sélective des DEEE provenant des ménages d’au moins 4kg/an par habitant.

les pouvoirs publics organisent l’enlèvement, le tri, la dépollution et le recyclage des équipements pour assurer une dépollution et un traitement des DEEE : Ecologic, Eco-Systèmes, ERP et Récylum.

Par ailleurs, l’affichage lors de la vente d’un appareil du montant de l’éco-contribution acquittée par les producteurs aux éco-organismes agréés est un moyen efficace pour informer le consommateur. En 2007, le montant annuel des éco-contributions versées aux éco-organismes a représenté plus de 160 millions d’euros.

Cela permet de donner des indications sur le coût de la gestion des déchets, de la traçabilité, du respect de l’environnement et de la santé, et contribue ainsi l’émergence du sens d’éco-responsabilité collective.

Toutefois, il existe quelques limites à cette filière : la vente à distance pour les achats hors territoire et la traçabilité, qui doit encore être améliorée.

De plus, cette mesure n’apparaît que peu incitative car elle ne permet pas de différencier la contribution versée par les producteurs en fonction de critère d’éco-conception.

Au niveau des professionnels, pour les produits achetés avant le 13 août 2005, l’entreprise est seule responsable, tant au niveau de l’organisation, que du financement du recyclage. Tandis que pour les produits mis sur le marché après le 13 août 2005, le producteur de l’équipement est responsable de son élimination. La mise en place de la filière s’avère donc confuse et se concrétise par « système individuel » de reprise et de traitement des DEEE face à l’absence de prise en charge par les éco-organismes.

C’est pourquoi, certains producteurs ont optent pour la solution individuelle mutualisée.

Retrouvez les dossiers de l’actu-environnement et de l’ADEME sur les DEEE : http://www.actu-environnement.com/ae/dossiers/DEEE/DEEE_sommaire.php4

http://www2.ademe.fr/servlet/KBaseShow?catid=14687