Le blog de l'éco-conception

L'éco-conception, une démarche de progrès continu

Recyclage des téléphones mobiles mardi, 31, août, 2010

D’après l’analyse de cycle de vie d’un téléphone portable, c’est la phase d’utilisation après celle de la fabrication (voir notre article L’analyse Du Cycle De Vie Pour Calculer L’empreinte Écologique Des Téléphones Portables), la plus impactante sur l’environnement.

Recycler son téléphone permet de prolonger sa durée de vie, et ainsi de limiter les déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) et d’économiser les ressources.

Or, en moyenne :

  • Les Français renouvellent leur téléphone tous les 12 à 18 mois : nous sommes près de 20 millions à changer de téléphone portable.
  • On estime qu’il y a 4 téléphones inutilisés par foyer (et près de 100 millions de téléphones mobiles au niveau mondial, d’après une étude de Deloitte) : 40 % d’entre nous le rangent au fond d’un tiroir
  • Entre 7% et 10% de téléphones seulement sont recyclés.

A titre d’exemple, il suffit de deux batteries pour polluer l’équivalent d’une piscine olympique. Autre chiffre marquant, si les 20 millions de téléphones renouvelés chaque année en France étaient réutilisés, c’est 56 millions de litres de pétrole qui seraient économisés.

Sensbiliser les consommateurs au recyclage

Outre les journées de recyclage des téléphones mobiles, organisées par Orange avec WWF et Emmaüs International, ou le service de recyclage de mobiles de Bouygues Telecom, il existe un autre moyen d’allier écologie avec économie.


Fonebak est un service qui se propose de recycler les anciens téléphones mobiles et de reverser une somme d’argent en fonction du modèle et de l’état de celui-ci.
Via son site Internet, Fonebak permet à l’utilisateur de consulter en temps réel la valeur de reprise et ensuite d’envoyer son mobile, qui sera soit démantelé afin d’en extraire les composants toxiques, soit réparé et remis à neuf pour être revendu sur le marché de l’occasion dans les pays émergents.

Un recyclage responsable

Avec une triple certification (ISO 2001, ISO 9001, EMAS), Fonebak participe en tant qu’acteur majeur de la filière des DEEE en assurant le recyclage des déchets toxiques. Au-delà de ce service, Fonebak a en plus une démarche éco-responsable puisque :

  • L’entreprise a noué des partenariats avec des organismes spécialisés (réseau Envie, ateliers protégés…), afin de favoriser l’insertion de personnes en difficulté sur le territoire. Fonebak a ainsi créé plus de 30 emplois sur la France.
  • Un partenariat avec le Téléthon permet d’organiser chaque année une collecte au profit de l’Association Française contre les Myopathies (AFM).
  • L’utilisateur peut planter des arbres grâce au programme de plantation d’arbres (différentes espèces d’Acacias ) au Niger en partenariat avec Tree-Nation.

A noter que d’autres sites proposent également cette formule (Greenzer).

Sources : Dossier de Presse 2010 Fonebak, Greenzer, Orange, GreenIT, Services Mobiles

 

Bilan de la filière DEEE vendredi, 26, février, 2010

Les déchets d’équipement électriques et électroniques (DEEE) représentent 5% des ordures ménagères générées par les Français, soit 1,3 million de tonnes par an, et représente le secteur du déchet qui connait la plus forte croissance : entre 2 et 3% par an. La dangerosité ou la toxicité de certaines substances que contiennent les déchets et  leur impact très important rend nécessaire une organisation spécifique de leur recylage (voir notre article Etat des lieux sur les DEEE).

Toutefois, Jean-Louis Borloo et Chantal Jouanno ont annoncé le 22 février des résultats très positifs de la filière de collecte et de traitement des DEEE ménagers :

  • Avec 5,7 kg de DEEE collectés par habitant en 2009, soit un total de 371 000 tonnes de DEEE ménagers, contre 2,5 kg en 2007, une nette progression a été enregistrée et l’objectif  de collecte fixé par la directive européenne de 4 kg par habitant et par an a été dépassé.
  • En termes de recyclablité, les DEEE ménagers collectés sélectivement ont été recyclés à 81 % en 2008
  • Le réemploi des équipements confiés aux structures de l’économie sociale s’élève à près de 4000 tonnes
  • 3 400 points de collecte sélective ont été comptabilisés à la fin 2009 auprès des collectivités territoriales, principalement dans les déchetteries municipales, couvrant près de 55 millions d’habitants
  • 18 600 point de collecte sont gérés d’un autre côté par les distributeurs de produits électroniques, en appliquant le principe d’un produit récupéré pour un produit acheté dans leurs magasins.
  • 3 800 producteurs adhèrent à l’un des éco-organismes agréés par les pouvoirs publics pour la gestion des DEEE ménagers (Ecologic, Eco-systèmes, ERP ou Récylum).

A l’issue  des trois premières années un nouvel objectif de 10 kg par habitant et par an en 2014 , soit 1 kg supplémentaire par habitant chaque année a été fixé.

L’action de sensibilisation des utilisateurs d’équipements électriques et électroniques visant à encourager l’éco-conception des équipements en vue de leur réemploi et de leur recyclage sera poursuivie avec des campagnes d’information et une nouvelle modulation des éco-contributions, demandée par le gouvernement aux éco-organismes dans le cadre du Grenelle de l’environnement. Ainsi :

  • Les producteurs versent une éco-participation à des éco-organismes pour remplir leur obligation de prise en charge des déchets issus des DEEE mis sur le marché. En fonction des caractéristiques de leurs produits, les producteurs paieront une éco-participation à la hausse ou à la baisse : par exemple, l’éco-participation  sera majorée de 100 % pour les téléphones portables ne disposant pas d’un chargeur universel. L’objectif est d’inciter directement les fabricants à améliorer la conception des appareils.
  • Les consommateurs contribuent au processus en payant une somme entre  0,10 € et  13,00 € comprise dans le prix d’achat des nouveaux équipements. Cette contribution du consommateur finance ainsi l’indemnisation des collectivités territoriales qui ont mis en place une collecte sélective des DEEE ménagers, l’enlèvement et le traitement des DEEE ménagers, en payant les prestataires qu’ils ont sélectionnés pour ces opérations, l’information et la communication sur la filière des DEEE ménagers, ou encore les travaux de recherche, développement et innovations afin d’optimiser la filière des DEEE ménagers.

Cette  éco-participation versée pour le retraitement d’un appareil électrique ou électroménager sera plus élevée pour les produits les plus polluants dès le 1er   juillet 2010. Dans le cadre de la procédure d’agrément de ces organismes, sous contrôle des pouvoirs publics, le montant de cette éco-contribution est déterminée librement par chaque éco-organisme en fonction des coûts réels de fin de vie affectés à chaque famille d’équipement et du dispositif propre à chaque éco-organisme.

Le gouvernement souhaite pousser ce concept de collecte des DEEE plus loin en facilitant la reprise des petits appareils usagés pour les utilisateurs par des dispositifs volontaires de collecte sans obligation d’achat auprès des distributeurs et en protégeant les gisements collectés par les collectivités territoriales contre les actes de vandalisme.

Afin d’améliorer le bilan environnemental global de la filière, le gouvernement prévoit également de renforcer les règles de traçabilité pour les opérations d’enlèvement, de dépollution et de traitement des DEEE ménagers et de développer un indicateur environnemental.

 

L’Europe pour l’éco-conception en mode veille mercredi, 6, août, 2008

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Appuyée sur la directive 2005/32/EC (EuP Energy-using Products), une disposition vient d’être adoptée afin de réduire la consommation électrique des appareils électroménagers et des équipements de bureau en veille de 75% d’ici 2020.

Cette directive-cadre est le résultat de la fusion de deux initiatives de la Commission: l’une sur l’impact des équipements électriques et électroniques (DEEE ») sur l’environnement et l’autre sur les exigences en matière d’efficacité énergétique des équipements de consommation finale.

Chaque année, les appareils électroniques et l’électroménager de l’Union Européenne consomment 50 TWh en mode veille, l’équivalent de la consommation annuelle d’électricité du Danemark. Or, une étude a démontré qu’il etait possible d’économiser la consommation énergétique des appareils en veille d’environ 30 TWh dans l’Union européenne, soit, la consommation électrique annuelle de la Hongrie. (Voir notre article La directive européenne Eco-conception 2005/32/CE)

L’Europe compte réduire de 14 millions de tonnes les émissions de CO2, en obligeant les fabricants à diminuer de 75% la consommation de leurs appareils en mode veille.

Cette directive s’inscrit dans le cadre des dispositifs d’économie d’énergie mis en place, qui vise à rendre l’Europe plus indépendante de ses fournisseurs.

C’est un instrument concret qui permettra à l’Union d’atteindre ses objectifs en matière d’efficacité énergétique et de protection du climat, tout en permettant au citoyen de faire des économies” explique Andris Piebalgs, membre de la Commission chargé de l’énergie.

La consommation maximale autorisée en mode veille est limitée entre 1 et 2 watt(s) par heure d’ici à 2010. Mais dès 2013, la fourchette maximum sera comprise entre 0,5 et 1 Watt par heure.

La directive-cadre s’appliquera en principe à tout produit qui utilise de l’énergie pour son fonctionnement et qui est mis sur le marché, soit au total, 3,7 milliards d’appareils électroménagers et d’équipements de bureau à court terme.

 

L’enjeu des technologies propres mardi, 12, février, 2008

Les TIC peuvent faire l’objet d’une démarche d’éco-conception : elles peuvent accompagner le développement d’une activité tout en contribuant à limiter les impacts environnementaux et améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments, des transports….

Dans un contexte où l’organisation des connaissances est devenue un enjeu majeur, les TIC présentent des opportunités d’échanges internationaux et les « clean-technologies » sont aussi une chance de faire progresser l’application des principes du développement durable dans le secteur des TIC.

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Sous les parrainages du Ministère de l’écologie du développement et de l’aménagement durables (MEDAD), et de la Commission européenne ‘Société de l’information et médias’, l’ACIDD a initié le programme TIC21. Ce programme consiste en des rencontres de type professionnelles et informelles, propices aux échanges d’idées et à la coopération afin de sensibiliser les acteurs du développement durable, de la société de l’information et des nouvelles technologies à la pertinence d’une collaboration et du rapprochement de leurs problématiques. Elles sont l’occasion de dresser des constats et états des lieux, de faire des propositions, de faire connaître des réseaux actifs et les bonnes pratiques existantes.

 

 

Quelques exemples

  • La vidéoconférence, le télétravail peuvent permettre de diminuer directement les impacts environnementaux de l’activité humaine.
  • Les technologies de l’information permettent l’organisation du co-voiturage, du partage de propriété sur les voitures, rendent pratiques les transports en commun.
  • Les outils TIC permettent de simuler, d’analyser l’utilisation des ressources et de hiérarchiser leur traitement. Le succès de Londres sur la circulation routière est clairement lié à une utilisation très intelligente des technologies de l’information.

Toute démarche de développement durable est fondée sur la participation, la gouvernance (‘empowerment’), le collectif, le collaboratif. On peut même parler de co-gestion, de co-décision, de co-production. Pour cela, il convient de faire progresser réellement le niveau culturel global, et donc d’éduquer et de former.

 

Les TIC sont cependant fabriquées avec des matières très polluantes et consomment toujours plus d’énergie

Avec l’augmentation du nombre d’internautes et la nécessité grandissante du recours à l’internet dans le quotidien, le facteur du coût de gestion des données et les coûts énergétiques liés prennent une dimension gigantesque.

(more…)

 

L’écologie: un avantage concurrentiel mercredi, 23, janvier, 2008

Les entreprises avant-gardistes n’attendent pas les règlementations pour être conformes, mais au contraire choisissent de faire des efforts proactifs pour concevoir une nouvelle façon de faire des affaires.

Pour ces entreprises il ne s’agit pas seulement de réduire leur empreinte écologique mais également de s’en servir comme stratégie concurrentielle.

Exemple: Hewlett-packard

En lançant le concept de « design pour l’environnement» il y a plus de 15 ans, Hewlett-Packard est considéré comme l’innovateur principal dans ce domaine. Ce concept inclut le design produit, ainsi que le management de ses propres fonctionnements et chaîne logistique.

Alors que la directive DEEE britannique demandait aux fabricants de recycler au moins 4 lbs par tête avant le 1er juillet 2007, HP atteignit son but de recycler 1 milliard de £ d’équipement six mois avant la date limite et annonça un objectif encore plus ambitieux qui est de recycler 2 milliards de £ de déchets électronique d’ici 2010.

Les plastiques et les métaux récupérés des articles recyclés sont utilisés pour établir une gamme de nouveaux produits.

Selon Mark Hurd, président-directeur général de HP « Nous avons atteint le point de bascule où le prix et la performance des technologies de l’information ne sont plus compromise par le fait d’être vert, mais s’en trouvent maintenant améliorées »

Pour HP, le développement viable est une bonne affaire et une stratégie solide à long terme.

Source: www.deformat.org

 

Etat des lieux sur les DEEE vendredi, 4, janvier, 2008

La directive DEEE (déchets d’équipements électriques et électroniques ménager) repose sur le principe de responsabilité élargie des producteurs d’équipements électriques et électroniques qui ont l’obligation de prendre en charge l’élimination des équipements une fois ceux-ci usagés.

Mise en place depuis le 15 novembre 2006, la filière européenne DEEE vise à réduire la part de déchets dangereux qui est en forte croissance. La mise en œuvre d’une organisation spécifique au recyclage de déchets est rendue nécessaire par la dangerosité ou la toxicité de certaines substances qu’ils contiennent et l’impact très important sur l’environnement de l’exploitation de matières premières entrant dans leurs compositions.

Cette filière fait écho à la directive européenne du 27 janvier 2003, qui traite aussi bien de la conception des produits en amont (RoHS) que de la collecte et des modes de traitement des déchets avec comme objectif, un taux moyen annuel de collecte sélective des DEEE provenant des ménages d’au moins 4kg/an par habitant.

les pouvoirs publics organisent l’enlèvement, le tri, la dépollution et le recyclage des équipements pour assurer une dépollution et un traitement des DEEE : Ecologic, Eco-Systèmes, ERP et Récylum.

Par ailleurs, l’affichage lors de la vente d’un appareil du montant de l’éco-contribution acquittée par les producteurs aux éco-organismes agréés est un moyen efficace pour informer le consommateur. En 2007, le montant annuel des éco-contributions versées aux éco-organismes a représenté plus de 160 millions d’euros.

Cela permet de donner des indications sur le coût de la gestion des déchets, de la traçabilité, du respect de l’environnement et de la santé, et contribue ainsi l’émergence du sens d’éco-responsabilité collective.

Toutefois, il existe quelques limites à cette filière : la vente à distance pour les achats hors territoire et la traçabilité, qui doit encore être améliorée.

De plus, cette mesure n’apparaît que peu incitative car elle ne permet pas de différencier la contribution versée par les producteurs en fonction de critère d’éco-conception.

Au niveau des professionnels, pour les produits achetés avant le 13 août 2005, l’entreprise est seule responsable, tant au niveau de l’organisation, que du financement du recyclage. Tandis que pour les produits mis sur le marché après le 13 août 2005, le producteur de l’équipement est responsable de son élimination. La mise en place de la filière s’avère donc confuse et se concrétise par « système individuel » de reprise et de traitement des DEEE face à l’absence de prise en charge par les éco-organismes.

C’est pourquoi, certains producteurs ont optent pour la solution individuelle mutualisée.

Retrouvez les dossiers de l’actu-environnement et de l’ADEME sur les DEEE : http://www.actu-environnement.com/ae/dossiers/DEEE/DEEE_sommaire.php4

http://www2.ademe.fr/servlet/KBaseShow?catid=14687

 

Eco-produits et consommateurs mardi, 1, janvier, 2008

Si les consommateurs affichent leur volonté de consommer de manière plus durable, les achats de produits issus de l’éco-conception sont encore largement cantonnés dans des marchés de niches et la plupart des fabricants attendent « que les autres fassent le premier pas ». D’un côté, les consommateurs attendent plus de références, et de l’autre, les industriels, une demande à la hausse.

Sous l’impulsion d’un colloque initié par l’ADEME, fabricants, distributeur et les autres acteurs de l’éco-consommation tentent de faire émerger une dynamique commune en faveur des achats éco-responsables. Depuis l’entrée en vigueur de la réglementation relative aux DEEE (déchets d’équipements électriques et électroniques), exigeant des entreprises une auto-prise en charge de l’organisation et du financement de leur recyclage, l’éco-conception en terme de recyclabilité prend tout son sens. Les investissements liés aux outils, études et compétences que nécessite une réflexion sur le cycle de vie des éco-produits se répercutent la plupart du temps sur les prix. Or, les consommateurs restent sceptiques quant au « marketing vert » et les dérives d’éco-blanchiment. Les entreprises comptent donc sur les pouvoirs publics pour la promotion d’éco-labels et leur généralisation aux produits de grande consommation, comme par exemple la marque « NF environnement ».

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