Le blog de l'éco-conception

L'éco-conception, une démarche de progrès continu

Après l’empreinte carbone, l’empreinte en eau lundi, 15, novembre, 2010

La notion d’empreinte en eau (ou « Water Footprint », « empreinte hydrique » ) est apparue dans les années 1990 pour évaluer l’eau utilisée pour la production de nourriture et des biens consommés. Ainsi, l’empreinte en eau d’un produit, bien ou service correspond au volume d’eau utilisée à tous les stades de sa chaîne de production.

Il faut par exemple 15 500 litres d’eau pour produire un kilo de viande de bœuf, 3000 litres pour un kilo de riz, 2700 litres pour un t-shirt en coton et 140 litres pour une tasse de café!

blog de l'eco-conception - empreinte en eau

La plupart des procédés industriels ont été conçus sans tenir compte de la nécessité d’économiser l’eau, et parmi les secteurs qui utilisent le plus d’eau, on trouve l’agriculture irriguée et les usages domestiques ou les loisirs. Le secteur de l’énergie en particulier consomme d’énormes quantités d’eau.

Or, la raréfaction d’eau potable et la pollution des ressources en eau douce nous montrent l’existence d’un lien direct entre les activités humaines et l’état des systèmes d’eau douce.

Un indicateur de l’empreinte en eau

Comment améliorer la gestion de l’eau au cours du processus de production?

C’est la question, à laquelle le Réseau Empreinte Hydrique (Water Footprint Network), lancé par des chercheurs hollandais? tente de répondre avec ses travaux de recherche sur un indicateur de mesure du volume d’eau douce nécessaire à la production de biens et de services.

Si la méthode de calcul rappelle celle de l’empreinte carbone, qui permet de mesurer la quantité de CO2 émise dans l’atmosphère lors de la production (exemple : L’indice Carbone De Casino), l’empreinte hydrique doit être évaluée au cas par cas et prendre en compte les conditions hydrologiques de chaque bassin.

L’eau douce est en effet une ressource, qui intervient sous plusieurs formes, dans différents contextes et à différentes étapes des processus de production. C’est une ressource renouvelable qui obéit à un cycle lié aux phénomènes d’évaporation, de précipitation, de ruissellement et d’infiltration.

Toutes les utilisations de l’eau ne sont donc pas équivalentes et ne peuvent pas être mises en comparaison sur le même plan. L’empreinte eau peut se calculer soit du point de vue du producteur (c’est l’empreinte eau de production), soit du point de vue du consommateur (c’est l’empreinte eau de consommation).

Des jeans plus verts

Pour les jeans Levi’s, les efforts sont portés sur la recherche d’une fabrication moins consommatrice d’eau.

En 2007, le groupe en effet a réalisé une analyse du cycle de vie du modèle de jean 501, dont les résultats ont montré que le principal impact environnemental s’avère être la culture du coton, consommatrice en eau et en pesticides.

L’impact est de plus amplifié par les cycles de lavage chez les consommateurs, une fois les pantalons achetés, responsables à 58% de la consommation d’énergie liée aux jeans.

Suite à cet ACV, le groupe américain décidé d’introduire de nouvelles étiquettes qui recommandent aux consommateurs de laver leurs jeans de préférence dans une eau froide, et de les sécher à l’air libre. Levi’s s’est également allié à d’autres firmes textiles et à des enseignes de magasin pour créer la Better Cotton Initiative, qui aide les producteurs à appliquer des techniques plus respectueuses de l’environnement.

blog de l'eco-conception - Levis WaterlessAfin d’économiser l’eau dans son processus de fabrication, la marque a dernièrement lancé une nouvelle ligne de jeans baptisée Water<less Jeans qui économise entre 28 à 96% d’eau utilisée, par rapport aux jeans classiques, lavés une dizaine de fois et utilisant 42 litres par paire. Les designers ont en effet trouvé la solution en ajoutant des pierres dans la machine à laver sans eau lors des cycles de lavages et en réduisant aussi le nombre de ces cycles de lavage (3 à 10 cycles en moyenne sur un modèle classique).

Ainsi, les 1,5 millions de jeans labellisé Water<less qui seront commercialisés au printemps 2011 auront économisé pas moins de 16 millions de litres d’eau. Le principe devrait être appliqué à d’autres usines de manière significative pour la collection automne 2011.

Sur le même sujet, en France, l’ADEME a réalisé en 2006 l’éco-profil d’un pantalon en jean, indiquant comment calculer et mesurer les impacts environnementaux du jean.

blog de l'eco-conception - Ecoprofil jean

Les initiatives en cours et prochaines

L’initiative publique « Carbon Disclosure Project », destinée à encourager les grandes entreprises multinationales à dévoiler leur « bilan carbone » a annoncé en novembre 2009 le lancement d’une initiative similaire pour l’empreinte hydrique : l’initiative « water disclosure ».

De son côté, l’ISO étudie la possibilité d’une nouvelle norme pour définir un système de mesure de l’empreinte eau qui soit harmonisé sur le plan international.

Sources : le centre de recherche de l’Europe, Partage des eaux, La revue des Œnologues, Greenunivers, Greenetvert, CDP Water disclosure, Connaître l’empreinte de l’eau (WWF)

Publicités
 

Compensation carbone : Entre éco-responsabilité et échappatoire lundi, 25, octobre, 2010

Filed under: 7. Initiatives — ecoconception @ 9:57
Tags: , , , , ,

La Compensation carbone

Une entreprise, une administration ou même un individu a la possibilité de « compenser » volontairement les émissions de gaz à effet de serre générées par son activité par :

  • le financement de projets, dont la finalité est la réduction à la source de ses propres émissions de CO2,
  • l’achat de « crédits carbones » de sa quantité de CO2 émise auprès d’un tiers.

C’est, dans une logique de neutralité carbone ou de « pollueur-payeur », un moyen de lutter contre le réchauffement climatique. Et au-delà de la dimension volontaire, la compensation carbone permet de :

  • quantifier l’impact d’une activité en termes d’émissions de CO2
  • d’identifier sur quel type d’activité les efforts de réduction d’émissions sont à déployer.

Le programme Action Carbone

Action carbone

Cette notion de compensation carbone a été popularisée avec Action Carbone, un programme lancé par l’ADEME et l’association GoodPlanet, présidée par Yann Arthus-Bertrand, qui vise à inciter les entreprises, les collectivités, les institutions comme les particuliers à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et à compenser les émissions restantes.

Action Carbone propose de calculer les émissions de gaz à effet de serre induites par ces activités par le biais de la méthode Bilan Carbone® développée par l’ADEME. À partir du diagnostic formulé, les entreprises, collectivités et institutions peuvent financer les actions qui permettront de diminuer et de compenser leurs émissions.

Pour les particuliers, quant à eux, Action Carbone a mis en place un calculateur en ligne pour évaluer leurs émissions. Ils peuvent ensuite compenser leurs déplacements en avion, en voiture et les émissions de gaz à effet de serre liées à leurs consommations d’énergie à la maison.

Pour aller plus loin, l’ADEME a aussi élaboré La Charte des opérateurs de la compensation, dont Action Carbone est signataire, et invite également à adhérer au club des entreprises et organismes qui compensent sur son portail www.compensationco2.fr.

Les projets de compensation carbone dans les pays du Sud

La compensation carbone peut aussi prendre la forme d’un engagement de « solidarité climatique » qui consiste pour les pays du Nord en achat de crédits carbone permettant de financer dans les pays du Sud des projets de réduction de gaz à effet de serre, ou de « séquestration de CO2 » permettant d’absorber le CO2 atmosphérique, grâce aux forêts qui sont des puits de carbone capturant le CO2 et le transformant en matière organique par photosynthèse.

Au Chili, Action Carbone soutient l’Office National des Forêts pour que soient boisés 200 hectares de pâturages appartenant à des communautés indigènes Mapuche, ce qui devrait permettre, sur 30 ans, de capturer 60 000 tonnes de CO2.

Au Cambodge, Action Carbone a financé la diffusion des foyers de cuisson dits « améliorés » auprès de la population, de manière à économiser du bois issu de forêts primaires. Ce projet permet d’éviter l’émission d’environ 100 000 tonnes de CO2 par an dans l’atmosphère.

En Indonésie, Carbon Conservation et Asian Pulp & Paper lancent la réserve de carbone de Kampar, premier projet mondial jamais financé sur fonds privés de conversion d’une plantation d’arbres pour pâte à papier en réserve de carbone. Ce projet fait ainsi de Carbon Conservation le pionnier de la commercialisation de compensation carbone par la reforestation.

Des compensations prennent aussi la forme de programmes de RSE. Puma, par exemple Puma finance des projets en Afrique pour préserver la biodiversité.

(more…)

 

Communication responsable ou l’éco-communication : une nécessité? mercredi, 29, septembre, 2010

Le discours environnemental souffre-t-il de Greenwashing? La surcommunication peut dans certains cas sérieusement décrédibiliser la cause environnementale. Publicité, slogans et messages écolos de toute sorte crée une confusion chez le public submergé par l’information, ayant pour effet de le freiner plutôt que de le mobiliser.

Cette tendance nous invite à revoir les méthodes de communication sur l’engagement environnemental. Ce post vous propose de revoir la définition de la communication responsable, d’en connaître ses acteurs, la perception des entreprises et l’évolution prochaine des actions de communication.

La communication responsable : Définitions

La rencontre d’étudiants et de professionnels lors de la journée de l’Observatoire régional de la communication des organisations a été l’occasion de redéfinir la communication responsable au travers de l’enquête « la communication responsable : phénomène de mode ou nécessité » ?

1. En externe : le développement durable

Communiquer responsable c’est faire en sorte de s’adresser à ses différents publics en réduisant au maximum l’impact des actions de communication sur l’environnement et la société.

2. Au sein de l’entreprise : l’entreprise citoyenne

Impliquer le salarié pour le respect de l’environnement c’est lui témoigner de la confiance et de la reconnaissance. Cela a un impact positif qui contribue à la productivité et assure la cohésion entre les salariés engagés.

3. Le métier de communicant

La communication responsable est indissociable de l’éthique personnelle, c’est une pratique implicite, qui sensibilise le public et a un effet pédagogique. Ainsi, Le communicant impose :

  • une éthique,
  • un haut niveau d’intégrité personnelle,
  • un code de valeurs.

4. Les tendances actuelles

Tendance classique = promotion des atouts et impasse sur les défauts
Tendance responsable = promotion des atouts en avertissant des risques
Tendance trompeuse = le « greenwashing »

Les acteurs de la communication responsables

A l’initiative d’une communication durable, on retrouve l’ADEME et l’UDA, porteuses de valeurs responsables, qui invitent les entreprises à s’engager dans une démarche plus éco-responsable.

L’ADEME a récemment lancé son site Internet dédié à l’éco-communication, un moyen plus interactif pour s’informer avec des exemples concrets et qui complète son guide sur la communication responsable.

Ainsi, selon l’ADEME :
Eco-communiquer, c’est réduire les impacts sur  l’environnement des métiers de la communication et concevoir des messages éco-responsables en analysant les impacts des actions de communication (campagnes, de publications, ou d’organisation d’événements) sur l’environnement tout au long de leur cycle de vie :

  • consommation de ressources naturelles (énergie, papiers, emballages…),
  • utilisation de produits dangereux (encres, solvants…),
  • production de déchets,
  • pollutions liées aux transports, etc.

L’éco-communication permet aussi :

  • Des bénéfices en terme d’image : Eco-communiquer, c’est être éco-responsable avec un double bénéfice : image d’entreprise et sensibilisation à la protection de l’environnement.
  • Réduire les impacts des outils de communication : Les principes de l’éco-communication permettent d’anticiper les impacts environnementaux et ainsi de pouvoir les réduire en amont.
  • Réduire les coûts : Les économies d’énergie et de matières premières, les plans de mobilité qui privilégient les transports en commun plutôt que les taxis, le recyclage du papier, le bon usage des imprimantes, l’achat de produits mieux adaptés, la substitution de certains déplacements par de la visioconférence, etc. permettent de réduire les dépenses.
  • D’être innovant : Par exemple, le numérique permet des réductions de coûts d’édition et d’impression. De même, le web 2.0, en facilitant les échanges de l’entreprise avec son personnel, ses fournisseurs, clients et collaborateurs, peut être vecteur d’innovation pour la communication d’entreprise au travers les blogs et réseaux sociaux.


De son côté l’UDA a davantage la vocation de fédérer les acteurs engagés ou souhaitant entamer une démarche de communication responsable, et d’amener ses adhérents à un même niveau de sensibilisation par des actions d’information/formation :

  • L’élaboration de la Charte d’engagements des annonceurs pour une communication responsable;
  • La publication du guide réalisé par Ethicity avec le soutien de l’ADEME, « Clés pour une communication responsable », qui passe en revue les étapes majeures de la communication responsable et propose 6 fiches process détaillées;
  • La signature de la charte « pour promouvoir une alimentation et une activité physique favorables à la santé dans les programmes et les publicités diffusés à la télévision »;
  • La participation à des « comop » (comités opérationnels) issus du Grenelle de l’environnement, aux travaux de l’Afnor sur l’affichage environnemental, à la réforme de la régulation publicitaire;
  • La participation à la signature avec le Meeddat de la Charte pour une publicité éco-responsable, à la mise en place d’EcoFolio, à la création de l’Observatoire de la communication et du marketing responsables avec l’ACIDD (Association communication et information pour le développement durable), le Syntec Conseil en relations publiques et l’AACC (Association des agences-conseils en communication)…



(more…)

 

L’analyse du cycle de vie pour calculer l’empreinte écologique des téléphones portables mardi, 18, mai, 2010

Filed under: 3. Les acteurs de l'éco-conception,6.3. éco-technologies — ecoconception @ 1:41
Tags: , , ,

En 2008, l’Ademe et Codde ont analysé le cycle de vie d’un mobile « moyen » de deuxième génération révélant que :

  • La phase de fabrication est celle qui impacte le plus
  • La phase de transport est très faiblement contributrice aux impacts sur l’ensemble des indicateurs environnementaux, sauf pour la destruction de la couche d’ozone, où elle génère 10 % de la pollution
  • La phase d’utilisation est responsable de 1 % à 19 % des impacts.

Une étude plus approfondie a ensuite permis d’identifier les éléments du téléphone qui sont le plus responsables des impacts environnementaux :

  • L’écran LCD
  • L’ensemble électronique hors batterie et écran
  • La batterie Lithium-ion
  • Le chargeur

Une autre étude menée par Eric Williams (Arizona State University, USA), Jinglei Yua et Meiting Jua (Nankai University, Chine) analyse l’ACV d’un téléphone portable et les flux de matière pour calculer l’empreinte globale d’un mobile fabriqué et utilisé en Chine.

Les résultats pointent également le processus de fabrication, qui concentre 50% de toute l’énergie consommée sur l’ensemble du cycle de vie, contre seulement 20% pour la phase d’utilisation. En revanche pour la France le poids de la phase d’utilisation est de l’ordre de 5%.

Avec l’ACV et l’évaluation des impacts environnementaux, l’écoconception permet d’identifier les axes d’amélioration, comme l’exclusion des substances chimiques dangereuses pour l’environnement, ou la conception de boîtiers recyclables.

    Parmi les marques de téléphones portables, Greenpeace garde au top de son classement 2010 Nokia, notamment grâce à son programme de récupération de mobiles usagés  avec 5.000 points de collecte dans 84 pays.

L’exemple de Nokia

Nokia lance en effet en 2008 sa campagne locale d’accompagnement en France en partenariat avec le WWF pour améliorer le processus de récupération des mobiles. 1000 points de vente et de service après-vente Nokia Care disposent ainsi de boîtes de collecte dédiées aux mobiles, similaires à celles destinées aux piles usagées. A l’échelle internationale, ce sont 85 pays qui ont mis en place des actions en vue de favoriser recyclage.

En 2008, 5 euros étaient reversés au WWF pour chaque portable reçu, et destinés à accompagner la sauvegarde de la Loire :

  • 5 euros, c’est 5 m² de riches vasières de l’estuaire de la Loire réhabilitées
  • 5 euros, c’est 15m² de forêts alluviales des bords de Loire qui sont sauvegardées

De même, en rejoignant le programme  « Climate Savers »  du WWF, Nokia compte diviser par 2 l’énergie de réserve utilisée par ses chargeurs de téléphones mobiles, grâce à l’utilisation de l’électricité verte pour alimenter 50 % de ses centres d’ici 2010 et à la réduction de ses besoins énergétiques globaux de ses sites de 6 % d’ici 2012.

Le Nokia 3110 Evolve, 1er mobile éco-conçu de Nokia en France, lancé en juin 2008 par Bouygues Telecom Entreprises, renforce la démarche d’éco-conception plus respectueuse de l’environnement entreprise par Nokia. Son enveloppe est composée à plus de 50% de bioplastique provenant de sources renouvelables, et son emballage est en matériau 60% recyclé avec un chargeur utilisant 94% d’énergie en moins que ce qu’exige le label Energy Star.

    On peut également souligner la performance environnementale de modèles d’autres marques de téléphones :
 

L’éco-conception dans la logistique jeudi, 4, mars, 2010

La logistique est un secteur qui contribue à l’accroissement de la consommation d’énergie et aux émissions de gaz à effet de serre. En France, le secteur des transports produit à lui seul près de 35% des émissions totales de CO2, dont 8,7% pour les véhicules de plus de 3,5T. Un double enjeu se présente aux entreprises : quelles sont les alternatives pour réduire leur consommation d’énergie et leur  impact environnemental tout en sauvegardant leur rentabilité ?

Quelques exemples de logistique durable et d’éco-transports montrent que la performance sur une chaîne logistique peut s’évaluer en terme de réduction des impacts environnementaux.

  • La certification NF E., HQE ou ISO14001 des entreprôts proches des zones de chalandises (comme ProLogis ou RipCurl, les formations d’éco-conduite (voir notre article : L’éco-conduite) ou les parcs de véhicules « propres » de fret sont divers aspects d’effort environnemental niveau des transports routiers
  • Du côté des opérateurs urbains de logistique, il y a différents exemples de logistique durable :
  • – une flotte de triporteur développée par DGL grâce à de petites sociétés comme La petite reine
    – des triporteurs TNT de livraison zéro CO2 dans Paris
    – le parc de véhicules électriques que Chronopost continue d’étoffer
    – des véhicules électriques pour les livraisons à Paris proposés par Deret

  • La filiale transport du groupe ID Logistics La Flèche est un autre acteur exemplaire qui s’est engagé à diminuer ses émissions de CO2, en signant la Charte de l’ADEME. Depuis la conception de l’entrepôt jusqu’à son exploitation en passant par les expéditions camions, le transporteur travaille depuis plusieurs années à réduire l’impact de ses activités et fixe désormais ses objectifs prioritaires sur son parc de véhicules, le carburant, le conducteur et l’organisation des flux transport.
  • Avec l’aide d’un groupe de travail « développement durable » et une « cellule de pilotage transport » constitués au sein d’ID Logistics et chargés de mesurer les émissions de carbone des activités logistiques, le transporteur a ainsi prévu mis sur trois ans :

    – une modernisation de sa flotte grâce à l’évolution des technologies pour moins consommer et limiter les gaz polluants. Ainsi 40% de sa flotte est aux normes Euro V, (normes antipollution destinées à lutter contre les émissions polluantes des automobile) et 60% en Euro IV (norme actuelle en vigueur).
    – un suivi de la consommation de carburant en fonction des véhicules et des distances parcourues pour détecter les sources d’économie et fixer un objectif de réduction en fonction de la consommation.
    –  une formation à l’éco-conduite de ses conducteurs grâce à un partenariat avec l’Automobile Club.
    – une optimisation du coefficient de chargement des véhicules, des itinéraires, des tournées, des modes de transports complémentaires et une réduction des trajets à vide.

  • Un autre exemple dans les transports routiers est l’entreprise suédoise DB Schenker, qui utilise le haut débit mobile pour contrôler et réduire la consommation de carburant de la flotte de l’entreprise, en optimisant les coûts à la pompe. Un système intelligent embarqué dans les véhicules permet au personnel administratif DB Schenker permet de savoir où se trouve chaque camion et de coordonner ces informations avec le flux de commandes entrantes.
  • D’après Fredrik Jonasson, chef de projet pour Mobile Data : “Le système permet à la flotte de l’entreprise de faire moins de kilomètres tout en roulant à pleine charge et en optimisant les trajets la plupart du temps grâce à de meilleures informations”.

    D’autres aspects de la conduite des camions sont également pris en compte par les outils de communication mobile haut débit : le freinage, les changements de régime, les accélérations et la vitesse sont ainsi des données que les chauffeurs peuvent vérifier et corriger les données , en les téléchargeant sur un PDA via Internet.

    DB Schenker s’engage donc à une transparence vis-à-vis de ses clients en leur fournissant les informations sur les émissions de carbone recueillies par le système concernant leur livraison. Les clients “sont indéniablement conscients des problèmes d’environnement” et  “ne se contentent plus de livraisons rapides. Ils veulent aussi qu’elles s’inscrivent dans une démarche verte”.

    Grâce à l’utilisation du haut débit mobile et d’autres solutions TICS, les secteurs comme le commerce, l’énergie, les transports, la gestion des infrastructures et la production pourraient réduire jusqu’à 20 % de réduction des émissions de carbone

Sources : Physical Suppl Chains, Le blog Ericsson France, Durableo

 

CarbonEco, logiciel d’éco-conception de Bouygues Construction mardi, 2, mars, 2010

Calculateur simplifié conçu pour le constructeur de routes Colas, filiale de Bouygues,  « CarbonEco » s’inscrit dans la démarche d’éco-conception et de comptabilité carbone pour l’ensemble du groupe Bouygues. CarbonEco  chiffre l’empreinte du chantier, des matériaux et du fonctionnement à vie du bâtiment ou de l’ouvrage, et permet ainsi aux maîtres d’ouvrage de connaître précisément les émissions de gaz à effet de serre de leurs projets.

Cette stratégie d’éco-conception et de réduction des émissions se développe dans deux domaines principaux : la construction d’ouvrages « bas carbone » (consommation d’énergie des bâtiments, modes constructifs alternatifs) et la diminution de l’impact carbone associé aux processus supports (informatique, achats…) y compris la mobilité des collaborateurs (éco-conduite, plan de déplacement d’entreprise, etc.).

Développé en partenariat avec Carbone 4, CarbonEco donne ainsi aux clients la possibilité de choisir les meilleures options de conception et de construction proposées par Bouygues Construction.
Bouygues Construction applique avec ce logiciel la méthode bilan carbone de l’Ademe au contexte opérationnel et à la diversité des ouvrages dont il a la charge : habitat, bureaux, scolaire, industrie, ouvrages d’art, tunnels, etc.

D’après le directeur développement durable du groupe, Fabrice Bonnifet, « nos projets de construction représentent 95 % des émissions du groupe. Nous avons cherché à mieux comprendre cette empreinte carbone et nous avons réalisé que le fonctionnement des bâtiments que nous construisons émet bien plus de CO2 que leur construction. C’est donc dans l’intérêt de nos clients de surinvestir de 5 % à 15  % dans un bâtiment qui consommera moins durant sa vie. Et dans notre intérêt de récupérer une part du chiffre d’affaires des fournisseurs d’électricité ».

Proposer aux clients des variantes « bas carbone » quand ils le souhaitent « devient un argument commercial », selon Fabrice Bonnifet.

En 2009, CarbonEco a été testé et utilisé sur environ 30% des projets du Groupe et devrait se généraliser pour 2010. L’industriel annonce ainsi un bilan de 330 bilans carbone pour 2009 sur ses projets de construction, dans les trois filiales Bouygues Construction, Colas et Bouygues Immobilier :

  • Bouygues Construction a réhabilité l’ancien bâtiment du service psychiatrique de l’hôpital Edouard-Toulouse de Marseille, qui était voué à la destruction, dégageant ainsi un tiers de gaz à effet de serre en moins que prévu au départ.
  • De son côté, Colas a pris en charge l’organisation du chantier visant à adapter la piste de l’aéroport de Toulouse à l’A380, en diminuant les rotations de camions et en optimisant la consommation des mélanges d’enrobages. 62 % des émissions prévues initialement ont ainsi été supprimés.
  • Le logiciel CarbonEco a également calculé pour l’écoquartier Ginko de 6.000 habitants dont Bouygues Immobilier a la charge une division par quatre de l’empreinte carbone par rapport à un quartier classique.

Bouygues va même poursuivre sa démarche d’éco-conception en interne avec un chantier de rénovation pour son siège qui devrait diviser par 10 ses émissions grâce à 25.000 m 2 de panneaux photovoltaïques, des façades ventilées, etc.

Le succès de ce calculateur se traduire par un accord trouvé avec le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) pour lui céder les droits du logiciel contre l’utilisation d’Elodie, le calculateur d’analyse du cycle de vie du CSTB.

Bouygues continue donc ses efforts et concrétise son engagement avec l’analyse complète du cycle de vie (ACV) de ses bâtiments.

Sources : Les Echos, Blog Bouygues Construction

 

L’indice carbone de Casino mardi, 17, juin, 2008

Sous l’impulsion du Grenelle de l’environnement, Casino lance une première série de produits alimentaires portant une « étiquette CO2 », calculée sur l’ensemble du cycle de vie.

Pionnier en la matière, le groupe Casino annonçait déjà en septembre 2007 la mise en place d’un système d’étiquetage environnemental, développé par BIO Intelligence service et soutenu par le MEDDAD et l’ADEME (voir notre article un étiquetage environnemental chez Casino)

En janvier 2007, Casino débutait la collecte des données environnementales. Plus de 600 produits auprès de 150 fournisseurs directs de Casino ont été évalués sur la base de leur cycle de vie des produits : depuis les matières premières jusqu’au point de vente final.

L’Indice Carbone Casino indique la quantité de gaz à effet de serre émise pour 100 grammes de produit lors des 5 étapes clés de son cycle de vie :

  • Etapes agricoles
  • Fabrication du produit
  • Transport , depuis le champ jusqu’aux entrepôts Casino
  • Emballages , depuis l’extraction des matières premières jusqu’au recyclage
  • Distribution , depuis les entrepôts Casino jusqu’au domicile du consommateur

Par exemple, une boîte de conserve affiche un bilan de 225g de CO2 pour une origine France et de 305g pour une origine Ukraine, avec dans les deux cas, un transport par camion.

Pour le consommateur final, Casino a voulu offrir une lisibilité positive, en lui indiquant ce qu’il peut faire pour protéger l’environnment :

  • L’étiquetage environnemental est symbolisé par une feuille verte, dont le pictogramme sera apposé sur la face avant des emballages des produits Casino, signalant la quantité de gaz à effet de serre émise pour 100g de produit.
  • La réglette allant du jaune clair au vert foncé précise au dos du produit la graduation de l’impact environnemental fixée par l’ADEME, permettant de le situer et de le comparer.
  • Une information sur la recyclabilité est destinée à encourager les consommateurs à trier correctement tous les emballages afin de maximiser le taux de recyclabilité, indiquant quel pourcentage de l’emballage sera recyclé et quel pourcentage pourrait être recyclé si tous les consommateurs triaient correctement leurs déchets

Cete démarche d’éco-communication marque une volonté de transparence du groupe Casino, dont 200 produits devraient être étiquetés d’ici fin 2008.

« Le but de la démarche est pédagogique. Elle doit susciter l’adhésion du public », confirme à ce sujet Alain Bizeau du groupe Casino. Pour le groupe, l’enjeu est de taille : un produit vendu sur deux dans ses magasins est un produit Casino.

Alors que l’indexation des produits est encore insuffisamment répandue, l’initiative de Casino dans le secteur de la distribution alimentaire apparaît aujourd’hui comme la première réponse concrète du Grenelle de l’Environnement, pour promouvoir une consommation éco-responsable.

Mais si l’objectif de sensibilisation auprès des consommateurs est partagé, les modes de calcul et les indices diffèrent.

Ainsi, les magasins Leclerc expérimentent avec l’appui de l’ADEME depuis début avril, dans deux magasins du Nord de la France, à Wattrelos et Templeuve, une opération d’étiquetage des produits alimentaires en « poids C02 ». Contrairement à la démarche de de Casino, le ticket de caisse Leclerc affiche à côté du prix en euros, le bilan carbone du caddy, exprimé en kilogramme équivalent CO2.

Quant à Intermarché et Ecomarché, l’Ecolo Pass, un étiquetage ciblé sur le tri et la recyclabilité des emballages, vient d’être déployé sur 4 500 produits.

Selon le ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire Jean-Louis Borloo, « Les entreprises ont un rôle essentiel à jouer dans la mise en œuvre du Grenelle environnement. En donnant « un prix écologique » aux produits, en apportant une réponse claire et précise aux clients, cette initiative permet de placer la consommation responsable dans le quotidien des Français. »

Retrouvez le communiqué de presse de Casino